Savoirs en partage

Le portail des ressources scientifiques
et pédagogiques de l'AUF

Histoires de familles, l'appropriation de langues étrangères en Égypte au XXe siècle

Sujet: [SHS:HIST] Humanities and Social Sciences/History, [SHS:HIST] Sciences de l'Homme et Société/Histoire, [SHS:LANGUE] Humanities and Social Sciences/Linguistics, [SHS:LANGUE] Sciences de l'Homme et Société/Linguistique, Egypte, langues
Auteur: Abécassis, Frédéric, El Saïd, Iman, Mamdouh, Abir, Fouad, Amani
Résumé: Ce travail collectif a été conduit par des enseignants de français exerçant dans différentes Universités et Facultés d'Égypte. C'est à partir de leurs expériences variées en province et au Caire1 que s'est élaborée une réflexion didactique incluant de façon prioritaire des paramètes sociaux dans l'apprentissage et l'appropriation de langues étrangères. Il s'agissait de montrer, en opposition à des manières plus techniciennes d'aborder l'enseignement du “Français Langue Étrangère”, que dans la maîtrise, l'usage, et par conséquent, l'apprentissage d'une langue étrangère, l'essentiel se joue sans doute en dehors de la salle de classe, de l'amphithéâtre ou du laboratoire de langue. L'hypothèse qui a commandé notre recherche fait de la famille un lieu d'observation privilégié du processus de capitalisation de langues étrangères dans l'Égypte du XXe siècle. C'est en effet aux décisions familiales que remontent le choix d'apprendre une langue et le bi- ou le trilinguisme. La famille partage avec l'école un rôle majeur d'entraînement à la pratique de langues étrangères, dont certaines, le français en particulier, sont devenues des langues secondes, voire de véritables langues maternelles. Il paraissait intéressant, dans un pays que n'ont cessé de se disputer les puissances impériales, et dont l'identité nationale s'est largement construite en opposition à elles, de voir comment des familles égyptiennes s'étaient pliées à la pratique de langues politiquement dominantes, avaient diversifié leurs atouts, les avaient intégrées ou non dans leur patrimoine transmissible, et cela en fonction de quelles stratégies de mobilité sociale. Une langue étrangère est un outil de communication, mais aussi un signe de reconnaissance. Nous avons donc construit notre travail sur l'idée que la capacité à jouer sur plusieurs codes constituait une marque forte d'appartenance de classe, et avons essayé de tester ce postulat sur une dizaine de familles égyptiennes arabophones, qui, à un moment donné de leur histoire, ont eu accès à une ou plusieurs langues étrangères.
Disciplines: Histoire, Langues, Linguistique
Régions: Moyen-Orient